Les tortues des mascareignes

Tortues marines, tortues terrestres : de nombreuses espèces ont aujourd’hui disparues, capturées par les colonisateurs au fil des siècles. Heureusement, quelques espèces subsistent et leur survie fait désormais partie des priorités des îles mascareignes. A l’image de La Réunion et Mayotte, de nombreuses îles ont mis en place un plan d’actions national de 2015 à 2020 pour préserver ces espèces ultra-menacées.

Tortues marines de l’Océan Indien

Sur les 7 espèces de tortues marines vivant à travers le monde entier, 5 d’entre elles peuplent la mer des mascareignes.  

  • La tortue verte ou tortue Franche est très présente dans le Sud Ouest de l’océan Indien. Elle doit son nom à la couleur verte de sa carapace vert olive. Plus grande espèce de la famille des Cheloniidae, elle peut vivre jusqu’à 100 ans ! Sa carapace peut atteindre jusqu’à 115 cm et son poids varie entre 80 et 130 kg. Cependant, certaines d’entre elles peuvent peser jusqu’à 300 kg pour 1,5 mètres de longueur de carapace ! Lorsqu’elles sont petites, les tortues sont carnivores. Elles se nourrissent d’oeufs de poisson et de petits invertébrés. À l’âge adulte (vers 20 ans), leur régime alimentaire se transforme : elles deviennent herbivores ! 
  • La tortue imbriquée (ou à écailles, parfois “carette” pour les Réunionnais et Mahorais), tout comme la tortue verte, vit principalement dans les récifs coralliens. C’est le seul reptile spongivore, c’est-à-dire mangeur d’éponges, au monde ! Souvent chassée pour ses écailles, elle est aujourd’hui très menacée. Pouvant mesurer jusqu’à 1 mètre et peser entre 43 et 75 kg, son espérance de vie n’est à ce jour pas connue ! Dans l’Océan Indien, on décompte 6 classes de tortues imbriquées qui pondent leurs oeufs dans la région !
  • La tortue caouanne est identifiable grâce à sa carapace brune rougeâtre. Sa taille à l’âge adulte est semblable à la tortue imbriquée, Elle mesure en moyenne 1 mètre (bien que le plus gros spécimen qui ait été découvert mesure 2,70 mètres !), pèse 110 kg et pond ses oeufs sur les côtes mozambicaines, omanaises et sud-africaines de l’océan Indien. La caouanne est omnivore. Les oeufs et bébés sont très vulnérables jusqu’à l’âge adulte, à tel point qu’on estime à 1 sur 1000 le nombre de tortues survivant jusque là…
  • La tortue olivâtre doit son nom à la couleur verte olive de sa carapace. C’est une espèce plus petite que ces congénères, mesurant 70 cm et pesant en moyenne 45 kg. Omnivore, son alimentation va de l’algue aux crustacés (crabes, méduses). Chaque ponte produit entre 30 et 170 œufs, et sa maturité sexuelle rapide (7 à 9 ans contre 20 ans pour les autres espèces !) en fait une espèce en voie de régression mais pas de disparition. Elle est donc moins rare que les autres espèces précédemment citées, pourtant à ce jour aucun lieu de ponte n’a été identifié. On ne sait que peu de choses sur cette espèce.
  • La tortue Luth est la plus grande des espèces de l’océan Indien et la 4ème espèce de reptile derrière . Elle mesure en moyenne 1,70 mètre pour 450 kg. Mais elle peut atteindre jusqu’à 1 tonne ! Sa carapace noire bleutée sans écaille en forme de coque de navire renversée et son ventre rose sombre la rend facilement identifiable. Elle est dite pélagique, c’est à dire qu’elle se nourrit de proies gélatineuses comme la méduse.

Tortues terrestres de l’Océan Indien

Les tortues terrestres ont presque disparu des Mascareignes. Il reste cependant quelques espèces aux Seychelles et à Madagascar.

  • La tortue géante des Seychelles est la seule espèce de tortue géante encore en vie à l’état sauvage. Plus grande tortue terrestre connue, les mâles peuvent atteindre 1,2 mètres pour 300 kg ! Elle se trouve sur l’ilot inhabité d’Aldabra aux Seychelles. D’ailleurs, dans ce petit atoll corallien, on y trouve plus de 150 000 individus dont la doyenne, Esmeralda, qui comptabilise plus de 250 années (elle serait née en 1771 !) !
  • La tortue étoilée de Madagascar (ou tortue rayonnée) est reconnaissable par sa jolie carapace aux motifs en forme de rayons ou d’étoiles. Présente à l’état sauvage dans le Sud Ouest de Madagascar, elle a été introduite sur les îles voisines Maurice et Réunion. Cette petite tortue de 40 centimètres peut peser jusqu’à 20 kg ! En danger critique d’extinction en raison de leur domestication (1 foyer réunionnais sur 2 en possède une) et de trafics à destination de l’Asie, l’espèce ne se reproduit pas facilement en captivité avec une douzaine d’éclosions en Europe sur 1 an.
  • La tortue à soc est endémique de Madagascar.  de 30 à 50 cm, elle pèse moins de 20 kg (12 kg pour la femelle). Également en danger critique d’extinction pour les mêmes raisons que la tortue étoilée, on ne comptait plus que 440 à 700 individus en 2012. Elle fait partie des 100 espèces les plus menacées au monde.

La tortue de Bourbon, espèce éteinte

Beaucoup d’espèces ont disparu au fil des siècles, victimes principalement de captures par les hommes pour leur chair, leurs écailles ou encore leur cartilage utilisé dans la soupe à la tortue. 

La tortue terrestre de Bourbon a vécu de nombreux siècles sur l’île de la Réunion. Endémique de l’île de Bourbon, elle est découverte en 1666 par des habitants, De nature herbivore, elles pouvaient vivre jusqu’à 100 ans et mesurer jusqu’à 1 mètre.

Jusqu’au milieu du 18ème siècle, le nombre de tortues ne cessera de diminuer jusqu’à son extinction totale en 1840. La tortue était capturée pour être mangée par les navigateurs lors de la colonisation, dont la facilité de conservation et ses apports nutritionnels en faisaient un encas idéal. Une seule tortue suffisait en effet à nourrir des dizaines d’hommes…

Les tortues ne sont pas les seules créatures à vivre dans le trapèze des mascareignes. De nombreuses espèces souvent endémiques sont visibles dans ces îles de l’océan indien. Découvrez en détail la faune des îles mascareignes !

Sources :


0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *