Au carrefour des influences des mascareignes

Si aujourd’hui, le tourisme semble être le projet n°1 de l’archipel, les Comores ont dû affronter de nombreuses épreuves qui ont freiné son développement. Retour sur des siècles d’Histoire imprégnées de toute la culture des îles mascareignes.

Géographie de l’archipel des Comores

Perdue au coeur de l’Océan Indien, à 300 km des côtes africaines, l’Union des Comores est composée de quatre îles dont une administrée par la France, Mayotte. Les îles autonomes de Grande Comore (Ngazidja), d’Anjouan (Nzwani), de Mohéli (Mwali) forment le territoire de la république des Comores. L’île de la Grande-Comore, au nord-ouest, compte une superficie de 1148 km², contre 424 km² pour Anjouan et 290 km² pour Mohéli. L’archipel en entier s’étend au total sur 1.861 km2  (sans Mayotte) : c’est la surface de l’île Maurice !

La capitale des Comores, la ville de Moroni, est située sur l’île Grande-Comore. La population comorienne est estimée à 1 145 209 en 2019. L’île la plus peuplée est Anjouan avec près de 517 habitants/km2.

plage aux comores
Une plage des Comores

Grande Comore, la plus grande des îles de l’archipel, se caractérise par la silhouette du mont Karthala, un volcan en activité culminant à 2 300 mètres d’altitude. La dernière éruption remonte à 2007. Occupant le sud de l’île de Grande Comore, le mont Karthala est entouré au nord par La Grille, un second volcan à l”origine de la formation du nord de l’île.

Un passé dominé par l’instabilité politique

Dès les VIIIe et IXe siècles, les Comores se peuplent d’habitants swahilis. L’archipel sera sous la direction des Fani (chefs musulmans) au XIIIème siècle, puis rejoints par des sultans Shirazi (Perses) qui instaureront l’islam sunnite. Véritable carrefour d’influence, Mayotte et Madagascar jouent un rôle crucial dans le développement des îles au Moyen-âge.

Suite à la chute de Constantinople en 1453, le Canal du Mozambique devient un axe stratégique pour le commerce maritime. Cette période prospère pour les 4 îles donne lieu à des rivalités : l’archipel souffre de la mésentente de ses îles.

De 1795 à 1820, des pirates malgaches dépeuplent considérablement les trois îles en faisant des razzias. Ils font sombrer l’archipel dans une crise économique et politique sans précédent. Assassinats, soulèvements, les sultans se font la guerre et ne parviennent pas à trouver de terrain d’entente.

Le 25 avril 1841, le sultan de Mayotte, menacé par les autres car souhaitant préserver l’indépendance de l’île, vend Mayotte aux français, ennemis des Anglais déjà alliés à Madagascar. Mayotte lie donc à partir de cette époque son destin à celui de la France et les autres îles resteront indépendantes jusqu’au début du XXème siècle.

Dès lors, les européens acquièrent des terres et des esclaves aux Comores. Pour freiner certains hommes de pouvoir européens trop ambitieux, la France établit un protectorat aux Comores qui aboutit à l’abolition de l’esclavage. La langue officielle devient le français, l’enseignement passe de l’arabe au français. 

Il faudra attendre 1904 pour que le rattachement juridique officiel se fasse entre les îles. La consultation de 1974 par référendum sera déterminante pour les Comores qui, à l’inverse de Mayotte, feront le choix de l’indépendance.

Contrairement à Mayotte qui confirme en 1976 sa volonté de rester Française, la République fédérale des Comores s’enfonce dans une longue période d’instabilité politique.

Consciente du développement rapide que connaît leur petite soeur Mayotte, les îles de Mohéli et d’Anjouan demandent à leur tour le rattachement à la France en 1997-1998. Mais cette demande a été rejetée par les autorités françaises.

Il faut attendre la signature des accords de Fomboni en 2000/2001 et le référendum du 23 décembre 2001 pour apaiser les tensions au sein de l’archipel et créer une seule et même entité. C’est la naissance de l’OUA, l’Union des Comores.

L’archipel est cependant marqué par une précarité difficile à éradiquer. Les Comores sont le 21e pays le plus pauvre du monde. Les comoriens vivent principalement de culture vivrière et de pêche. L’exportation de vanille, de girofliers et de l’ylang-ylang participe à l’économie du pays mais ne suffit pas à rendre l’île autosuffisante.

Le « projet phare du plan Comores Emergent 2030 » visant à développer le tourisme sur l’archipel représente une opportunité non négligeable pour les Comores. En effet, malgré les difficultés financières rencontrées, la faune et la flore unique de l’archipel, les lagons et la richesse culturelle des Comores laissent entrevoir un potentiel touristique important.

Partez à la découverte d’autres îles du trapèze des mascareignes : Les Seychelles, La Réunion, Madagascar, Mayotte ou encore l’île Maurice.

Sources : 

  • Les Comores, 2016
  • Comores (pays), Wikipédia
  • « « La vérité sur les Comores » : le compte rendu sans concession de la mission parlementaire », Le Journal de Mayotte, 2018.

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