Entre sucre, vanille, café & épices

Découvertes tardivement (au début du XVème siècle) par les arabes qui la surnommèrent « Dina Morgabin » soit l’île de l’Ouest, c’est finalement le navigateur Pedro de Mascarenhas, dans la continuité des explorations de Vasco de Gama, qui donnera son nom aux îles de la Réunion et de Maurice au XVIème siècle. C’est la naissance des “îles mascareignes”. Madagascar, quant à elle, est peuplée depuis le premier millénaire. Les îles des Comores ont vu arriver leurs premiers habitants aux alentours du VIIIème siècle.

Un point commun : un lien fort avec la France

Les 6 îles du trapèze des Mascareignes représentent aujourd’hui 5 pays différents. Pourtant, elles sont historiquement très liées : elles ont toutes été colonisées par les français. Au XVIème siècle, c’est d’abord à Madagascar que les français tentent une installation. Très prisé, au coeur de la route des Indes, le trapèze des mascareignes devient rapidement une évidence du fait de sa position stratégique pour les navigateurs et commerçants. En effet, l’Océan Indien et ses 75 millions de km2 (⅕ du globe terrestre !) relie l’Europe aux Indes orientales et représente un point de passage intéressant pour fouler la terre ferme entre deux virées en mer et faire le plein de provisions.

Refoulés de Madagascar, les colonisateurs français trouvent refuge sur l’île Bourbon (île de la Réunion) et l’île de France (Maurice). Ce n’est qu’un siècle plus tard qu’ils s’établiront à Rodrigues et aux Seychelles.

Face à la grande richesse des îles, les français cherchent alors à y développer l’agriculture.  

Sur l’île de la Réunion, la Compagnie des Indes orientales encourage la culture du café dès 1715. Elle offre des concessions gratuites aux colons volontaires, organise la production et construit des routes. Ils instaurent l’esclavage avec des populations malgaches mais aussi d’Afrique de l’Est et d’Inde. Ces derniers étant considérés comme plus intelligents mais moins résistants, ils sont principalement employés comme domestiques. Le café fera la richesse de l’île en 1730.

Les deux îles entrent sous l’emprise de la Compagnie française des Indes en 1735. Maurice devient l’île principale pour le développement de l’économie car elle possède deux ports stratégiques, toujours dans le but d’établir un pied-à-terre pour les marins et leurs escales commerciales. L’économie de l’île croît, sa population également : dans les années 1760, on compte 22 000 habitants à Bourbon (Réunion) et 21 000 sur l’île de France (Maurice).

Tandis que la Réunion continue son exploitation du café tout en vendant armes et produits divers, Mahé de la Bourdonnais (au pouvoir) introduit à Maurice la culture de la canne à sucre, du coton, de l’indigo, du blé et du riz. 2000 colons Bourbonnais rejoignent alors l’île de France. Bourbon exporte des vivres vers Maurice qui produit à peine un tiers de sa consommation. Madagascar, terre de riziculture et d’élevage, complète l’alimentation des îles.

En 1767 Pierre Poivre entre au pouvoir et poursuit le développement économique des deux îles où il y organise l’agriculture. Il introduit des plantations de muscadiers et de girofliers sur l’île Bourbon, sur l’île de France et aussi aux Seychelles, devenus françaises quelques années plus tôt. Mais ce n’est pas tout : les arbres fruitiers font également leur apparition sur les îles. Manguier, mangoustan, cacaoyer… Sa résidence de Mont-Plaisir deviendra l’actuel jardin de Pamplemousses sur l’île Maurice, l’un des plus grands parcs botaniques du monde.

Les Seychelles ont, à l’époque, vocation à devenir un centre de culture des épices ou une base navale. Si un premier centre se crée en 1770, la population Seychelloise est encore trop faible et les quelques familles installées se nourrissent de ce que leur donne l’île, très riche (tortues, oiseaux, poissons, arbres fruitiers…)

L’intensification de la Révolution 

La rivalité franco-anglaise fait rage en Europe, jusqu’aux colonies. Maurice et les Seychelles deviennent anglaises ; La Réunion Française. Celle-ci est alors libérée de la tutelle politique et économique de Maurice instaurée par La Bourdonnais. Les îles se transforment et deviennent des « îles à sucre ». L’agriculture des Mascareignes passe de la polyculture à la monoculture.

L’abolition de l’escalavage entre 1835 et 1848 rend la main d’oeuvre plus complexe sur ces îles principales de Maurice et la Réunion : des travailleurs sous contrat sont ramenés d’Afrique de l’Est, de Madagascar et d’Inde, ce qui aboutit à une forte hausse de population et à un brassage ethnique important.

En 1860, à La Réunion, 68% des terres cultivées sont des cannes à sucre tandis qu’il représente 98 à 99,6% des exportations. 73 000 tonnes de sucre sont produites !

Aux Seychelles et à Rodrigues, la majorité des habitants sont issus de l’esclavage. Au début du XIXème, les Seychelles produisent un peu de coton mais surtout de la vanille et des plantations de cocotiers. Mais affaiblis par le manque de main d’oeuvre suite à l’abolition de l’esclavage, elles peinent à être rentables. La petite Rodrigues, quant à elle, souffre de son éloignement à l’Est de Maurice. L’agriculture et la pêche y sont développés uniquement à des fins de consommation sur l’île pour ses quelques 1700 habitants.

La décolonisation des îles Mascareignes

L’indépendance est arrivée tardivement à Maurice et aux Seychelles (respectivement 1968 et 1976).

La Réunion quant à elle, est la première à s’émanciper en 1946 en devenant département français. En 1982, la Région Réunion naît, mettant fin à la revendication d’autonomie portée par les communistes réunionnais depuis 1959.

L’histoire des mascareignes est encore riche après la décolonisation, mais cela fera l’objet d’un prochain article !

Aujourd’hui les îles mascareignes sont touristiques. Découvrez les Seychelles, Maurice, la Réunion, Madagascar, les Comores et Mayotte en détail !

Sources : 


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